Les contes de la savane - L'éléphant amnésique
Il était né comme tous ses congénères avec une capacité à mémoriser tout et n'importe quoi. Ses frères et soeurs le comparaient souvent à une encyclopédie à trompe. Il connaissait les chemins vers les points d'eau, les endroits où selon la saison les arbres ou les feuilles sont les plus tendres.
Vint un jour, c'était un mardi, où tout changea. La journée avait bien commencé, la famille avait festoyé sur un bosquet de jeunes acacias aux pousses vertes et douces, de la vraie salade pour éléphants. Vers dix-sept heures la matriarche décida qu'il était temps de gagner le couvert de la forêt pour y passer la nuit. Notre Grand Robert Illustré à défenses se mit en marche à la suite des autres, balançant son derrière tel un danseur de rumba en pleine démonstration de son art. A mi-chemin, déboucha devant lui un être étrange, moitié singe moitié... démon. L'animal était affublé d'un étrange couvre-chef arrondi, ses pattes étaient recouvertes d'une étrange coquille à trous dans laquelle une sorte de peau verdâtre remontait jusqu'à ses genoux. Son torse était rouge flamboyant, ses yeux étrangement gigantesques et noirs, sans aucun cil apparent. Notre éléphant en sursauta et fut pris d'une crise de hoquet sur le coup. Le démon détala devant lui, laissant sur le sol un étrange objet noir et brillant avec comme une liane noire comme bandoulière. Notre pachyderme tenta de se ressaisir, retint sa respiration, essaya en vain de boire la tête à l'envers, demanda à tout le monde de lui faire peur. Rien n'y fit, son hoquet empirait jour après jour. Au bout de deux semaines de vaines tentatives, il se résigna à finir ses jours avec le hoquet.
Il ne se rendit compte qu'au bout d'un bon mois que son nouveau tic respiratoire lui empêchait de se souvenir de quoi que ce soit. Concentré sur son hoquet, il en oubliait les itinéraires, les horaires, les lieux, les visages mêmes. Au bout de six mois ses propres soeurs lui apparaissaient comme autant de gros animaux bizarres au comportement étrange. Un beau jour sa grand-mère vint le voir et lui avoua qu'il finirait sûrement ses jours seul, oublié de tous, avec pour seul souvenir celui du matin-même. Un poisson rouge dans son bocal aurait été plus chanceux.
Vint un jour, c'était un mardi, où tout changea. La journée avait bien commencé, la famille avait festoyé sur un bosquet de jeunes acacias aux pousses vertes et douces, de la vraie salade pour éléphants. Vers dix-sept heures la matriarche décida qu'il était temps de gagner le couvert de la forêt pour y passer la nuit. Notre Grand Robert Illustré à défenses se mit en marche à la suite des autres, balançant son derrière tel un danseur de rumba en pleine démonstration de son art. A mi-chemin, déboucha devant lui un être étrange, moitié singe moitié... démon. L'animal était affublé d'un étrange couvre-chef arrondi, ses pattes étaient recouvertes d'une étrange coquille à trous dans laquelle une sorte de peau verdâtre remontait jusqu'à ses genoux. Son torse était rouge flamboyant, ses yeux étrangement gigantesques et noirs, sans aucun cil apparent. Notre éléphant en sursauta et fut pris d'une crise de hoquet sur le coup. Le démon détala devant lui, laissant sur le sol un étrange objet noir et brillant avec comme une liane noire comme bandoulière. Notre pachyderme tenta de se ressaisir, retint sa respiration, essaya en vain de boire la tête à l'envers, demanda à tout le monde de lui faire peur. Rien n'y fit, son hoquet empirait jour après jour. Au bout de deux semaines de vaines tentatives, il se résigna à finir ses jours avec le hoquet.
Il ne se rendit compte qu'au bout d'un bon mois que son nouveau tic respiratoire lui empêchait de se souvenir de quoi que ce soit. Concentré sur son hoquet, il en oubliait les itinéraires, les horaires, les lieux, les visages mêmes. Au bout de six mois ses propres soeurs lui apparaissaient comme autant de gros animaux bizarres au comportement étrange. Un beau jour sa grand-mère vint le voir et lui avoua qu'il finirait sûrement ses jours seul, oublié de tous, avec pour seul souvenir celui du matin-même. Un poisson rouge dans son bocal aurait été plus chanceux.
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