Les contes de la savane - La farce du potamochère
Cousin du phacochère comme son joli petit nom l'indique, le potamochère est plus gros, plus laid et plus virulent que son proche parent. Son caractère et sa démarche en font le partenaire idéal des chacals, vautours et autres charognards. Mais reprenons le fil de l'histoire l'espace d'un instant.
Le potamochère s'en allait, aigri, sur le sentier de la mare de boue. Non content d'empester son passage de gaz tonitruants, il criait des insultes à tout ce qui bougeait, des minuscules tisserands aux gigantesques éléphants. Les poils hirsutes de son visage faisaient comme une barbiche de sage à cet être malin au sens religieux du terme, plus proche des flammes brûlantes de l'enfer que des volutes bleutés du paradis. Son pelage roux lui attirait maintes réflexions qu'il rejetait d'une boutade bien pensée ou, à défaut d'esprit, d'une ruade assénée avec force sabots.
Vint un Hottentot, tout affairé à sa recherche de gibier. Il aperçut notre compère au coin d'un buisson et bandit son arc. A la deuxième reprise et après quelques recherches, l'homme fit mouche et le potamochère s'étala dans la poussière, blessé à mort par la minuscule flèche de l'autochtone. Sa deuxième femme en fit rôtir une bonne portion pour le dîner du soir et le déjeuner du lendemain. Pour le farcir, elle conseille du maïs grillé, du manioc et beaucoup de piment, pour atténuer l'amertume de la viande. Sans rire!
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