Quinze îlots de verdure sur ma route

Publié le par Matthieu

Je dirige mon antique véhicule sur le bitume tantôt lisse tantôt digne d'une piste africaine des rues de la banlieue bordelaise. Quinze minutes pour rallier l'usine. Quinze ronds-points à franchir. Ça en fait des coups de volant, à droite, à gauche, redresser, s'insérer, ressortir, priorités à gauche; ma conduite non-assistée en prend pour son grade et mes bras travaillent.

Quelques feux, trois tout au plus, se battent en duel et tentent désespérément de faire le poids contre les ronds-points mais les municipalités adorent parsemer leurs rues de ces îlots de verdure, décorés avec plus ou moins de goût: miniature du Bassin d'Arcachon, explosion de géraniums et de bégonias, reproduction d'une prairie de Lande ou d'un rocher pyrénéen. Les paysagistes se défoulent et ne manquent pas d'imaginations pour toujours réinventer une petite nature dans la ville, planter des pins ou des oliviers centenaires, des sculptures obscures d'artistes contemporains connus des seuls initiés.

Espace étrangement attirant mais au combien dangereux. Ne vous avisez surtout pas d'y planter votre tente ou d'y organiser un pique-nique dominical, au risque de vous faire et verbaliser et écraser en retournant à la voiture chercher du saucisson ou une sardine oubliée.

Les bons vieux feux tricolores créaient bouchons, pollution, accidents, énervement et manquaient de semer la pagaille la plus totale en cas de panne. Qui lit les panneaux accrochés aux feux? Tout le monde avance le bout de son nez (de sa calandre) et tente sa chance, au risque de se faire happer par un Hummer déchaîné ou un poids lourd portugais. Les ronds-points chéris par les communes d'aujourd'hui permettent eux aux auto-écoles de s'entraîner à tourner, se mettre sur la bonne voie (qui fait réellement ça??), à Momo de faire crisser ses pneus le samedi soir, à moi avec ma pauvre titine de me prendre le trottoir extérieur quand en hiver le verglas envahit la chaussée (qui met des pneus neige sur une 106 de 1995?).

Bref les ronds-points ils adorent et nous autres on a pas trop le choix on fait avec. C'est un peu comme les impôts: il y en a de plus en plus, soit-disant que ça va aider la France, nous ça nous enquiquine pas mal, mais bon qu'est-ce qu'on peut y faire? Enfin bon, c'est une toute autre histoire.
Publicité

Publié dans Diary

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Vive les rond-points! A bas les rond-points!!<br /> On les aime quand il n'y a personne et qu'on se croit sur un rally!! On les déteste audn on est à Cestas car on se perd forcément!!...
Répondre
M
<br /> je ne te savais pas pilote de rally spécialiste es-rond-points! Tu me surprendras toujours soeurette!<br /> <br /> <br />
D
De toute façon avec les assurances c'est tout du 50/50 !
Répondre
C
et en plus en cas d'accident c'est 50/50!
Répondre
M
Encore, tu connais pas les sens giratoires de Versailles : priorité à droite à tous les ronds-points!!
Répondre
M
<br /> je préfère encore nos ronds-points bordelais c'est vrai!<br /> <br /> <br />