Les gigantesques tracas de Madame Petibobo

Publié le par Matthieu

Au risque de m'attirer les foudres de certains, je vais me risquer à nouveau dans une critique au vitriol d'une France bien comme on l'aime: hypocondriaque et mercantile.
Imaginez un personnage x, du sexe que vous voulez, ça importe peu. De milieu relativement aisé, cadre dans une grande société ou fonctionnaire dans l'administration. Le quotidien du travail et la routine du boulot-métro-dodo l'ont conditionné à vivre d'une certaine manière.

Déplacez cette même personne à huit mille kilomètres de là, disons en Afrique Australe pour faire original. Cette dame vous dira que les matelas dans les tentes lui font un peu mal au dos, que la nourriture n'est pas très variée (alors que du mal on s'en donne), bref que tout n'est pas comme à la maison. Mais ce qu'il faut qu'elle pige la p'tite dame c'est qu'on est bien loin de son duplex parisien et qu'il faudra bien qu'elle s'y fasse si elle veut profiter pleinement de son séjour. Nous l'appellerons donc pour les besoins de la rhétorique, Madame Petibobo.

Madame Petibobo a son confort, ses habitudes, son mari qui rentre tard et ses enfants qui vont à l'école et ont plutôt de bonnes notes. Elle aime sa vie et est satisfaite de sa situation professionnelle. Disons cadre dans une banque pour faire simple. Mais tous les jours des ennuis viennent gâcher son bonheur de femme accomplie. Croyant être aux commandes constamment, elle se rend compte alors que c'est loin d'être le cas. Prenez ce matin par exemple: la cafetière de la salle de repos au bureau est tombée en panne. Tout un étage du bâtiment s'est retrouvé sans "jus" à la pause de dix heures. Faisant fi du froid et de la pluie, Madame Petibobo a proposé à ses collègues de faire un saut au supermarché du coin acheter du café soluble. La bouilloire, Dieu merci, a été retrouvée au fond d'un placard. Des problèmes comme celui-ci, il y en a des dizaines chaque semaine. Il y a toute une équipe qui s'est constituée au sein de l'entreprise et ces gens sont payés à résoudre ces tracas anecdotiques. De bien graves pannes, somme toute, dans le monde aseptisé et routinier de Madame Petibobo. Mais il y a parfois plus grave.

L'autre jour, Madame Petibobo rentrait chez elle lorsqu'elle a failli se faire rouler dessus par un automobiliste. Un scooter immatriculé dans l'Essonne était garé sur le trottoir entre le parking et l'entrée de l'immeuble, l'obligeant pour le contourner à descendre sur la chaussée. Préférant s'occuper du problème à chaud, elle réunit le soir-même les copropriétaires pour décider des mesures à prendre pour empêcher qu'un tel drame se reproduise. Ils décidèrent d'apposer devant la résidence un panneau indiquant clairement aux deux-roues un emplacement correct pour stationner. Bref, la vie est un enfer pour ces gens-là, il faut bien l'avouer.

A côté de ça, les milliers de gens qui meurent du paludisme ou du sida chaque année c'est de la gnognotte. Les gigantesques tracas de Madame Petibobo nous font relativiser la mercantilisation quotidienne et lobotomisante de notre société actuelle. De là à se mettre à la production de Chabichou en Charente y'a de la marge. 
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Publié dans Diary

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L
Tout à fait d'accord!<br /> Mais on a beau dire, chacun à son échelle de tracas. <br /> Je m'explique : comme tu le dis si bien, ces "petites" choses pour certains sont des problèmes d'importance car ils n'ont pas d'autres soucis, alors ils en "inventent" et ça peut les amener à une dépression (non je rigole pas). Exemple : deux mauvaises notes à la suite...la machine à café en panne+oublier ses enfants à l'école, etc. On en rit mais c'est réel, et malheureusement tous ne savent pas relativiser leurs petits tracas face (pas aussi loin d'eux) à ceux d'une femme battue ou encore du SDF qui dort en bas de chez eux...<br /> Voila!<br /> C'était mon "petit" post/avis.
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M
<br /> merci Lucie pour cet avis éclairé!<br /> Oui je suis d'accord avec toi, on a tous des problèmes relatifs à notre identidé propre.<br /> Mais bon admets-le certains font tout un flan d'une misère parfois... <br /> <br /> <br />
M
La prose est très jolie, mais tout cela semble quand même très très très noir!!<br /> Tu n'aurais pas des choses follement gaies, terriblement drôles et énormément rigolotes à nous raconter?<br /> J'attends le prochain poste...
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M
<br /> je verrai ce que je peux faire soeurette...<br /> <br /> <br />
C
j'aime beaucoup!
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M
<br /> t'étais pas tellement inspirée pour ton commentaire dis-donc toi!<br /> <br /> <br />