Les Cavaliers (KESSEL)
Je viens de finir aujourd'hui dans mon train du soir l'excellentissime roman de Kessel.
Un pur moment de bonheur que ce livre pleins de rebondissements, à l'imagerie très complète et narrant de manière très précise la vie des afghans et plus particulierement celle des peuples des steppes du Nord du pays, fiers descendants de Gengis Khan. Apparentés aux casaques de Russie et aux Mongols d'Asie, ces hommes à chevals d'Asie Mineure laissent une forte impression de courage, de fierté, de traditions et de coutumes que les âges et la civilisation n'ont pu altérer. Kessel, au fil des pages, nous entraine dans une histoire magnifique imprégné de culture afghane, on y croise tous les peuples d'Asie Centrale, courant sur leurs destriers d'un bout à l'autre de l'infinie steppe herbue. Aucun arbre, seulement quelques tchaïkanas isolées, des assemblements de yourtes où vivent des nomades issues pour les uns des Roms d'Europe pour d'autres du Grand Mogol lui-même. Les personnages sont touchants, on s'y attache, chacun son préféré. Et au fur et à mesure que le scénario nous est dévoilé, les héros tombent, les traditions volent en éclas. Et c'est là que J. Kessel étonne: il a su aborder dans ce livre l'Afghanistan de son époque (la fin des années 50), ses changements, ses traditions toujours aussi vives pour la plupart...
Un des moments que j'ai préféré est l'arrivée de Mokkhi, Zéré et Ouroz dans la vallée de Bamyian, aujourd'hui classée au Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Vallée qui abrite la célèbre falaise où trônaient jusqu'en 2001 les bouddhas géants excavés il y a des siècles par un peuple dont il ne reste ailleurs dans la région aucune autre trace au jour d'aujourd'hui. Ces géants que les talibans de Ben Laden firent sauter à la dynamite devant le regard passif et lâche des pays que l'on dit "civilisés" mais qui, le temps qu'il faut pour presser le déclencheur d'un détonnateur, ont laissé faire la barbarie des hommes et disparaitre ce jour-là l'un des plus beaux et impressionnant vestige de l'avancée Bouddhiste en Asie Centrale.
Bref un livre à lire absolument pour tous ceux qui aiment les romans de voyage, qui vous emmènent loin de la grisaille, du stress, dans un monde magique qui, en cherchant un tant soit peu, peut ncore se dénicher sur notre belle planète...
Bonne soirée à tous, je vais voir sur le Télérama si il y a pour une fois quelque chose de bien à la télé...
Tchüss!