Une enfance en or

Publié le par Matthieu

Le Père Noël aux repas de famille m'apporte des abonnements à Vie Sauvage, Terre Sauvage ou National Geographic. Les promenades dans le Sud-Ouest de ma jeune enfance peuvent se résumer ainsi: pulls tricotés main identiques pour la fratrie, jumelles autour du cou paternel, culs de bouteilles sur monture métallique pour l'icône maternelle. Et godillots bien serrés autour des chevilles alors que nous arpentons les sentiers du Teich, d'Hostens ou de nos chères Pyrénées. Les culottes-courtes à carreaux nous identifient comme enfants de la branche faussement bourgeoise du peuple, les montres digitales fluo à nos poignets rappellent nos origines chtis et proches du commun des mortels.

Excursions d'une après-midi avec les copains sur les chemins défoncés des coteaux du Lubéron, concours de celui qui tient le plus longtemps debout sur sa selle de vélo avant de se jeter savamment et artistiquement dans les hautes herbes qui bordent la piste. Jeu du chat et de la souris version méchant chien derrière sa clôture branlante qui finit en débandade générale dans un fou rire contagieux et réconfortant. Voyages en famille dans une chaumière britannique à la nourriture pour le moins exotique, déconcertante lorsque l'on a douze ans, toutes ses dents et qu'on ne sait que faire d'un pudding étrange à l'allure de chat écrasé en forme de chapeau melon d'où sortiraient des pièces de monnaie à l'effigie d'une vieille dame dont les portraits et cartes postales ornent chaque recoin de cette minuscule cuisine de cottage windsorien.

On se battait pour des marques, une trousse Creeks, des baskets Nike avec languette auto-gonflante et autres Fila à la mode, un sweat-shirt Quicksilver ou une montre Swatch. Le salaire de fonctionnaire de mon paternel et la taille plutôt imposante de la famille ne nous permettait que très peu de ces artefacts de la société de consommation en plein bourgeonnement, nous nous rabattions donc sur le fait-main, le bricolé, les batailles de cailloux dans les fossés du lotissement provençal, les pièges à campagnols dans le terrain vague d'à-côté ou les pétards dans les boîtes aux lettres, au grand dam de nos parents (et voisins).

C'était la belle époque des shorts en jean et des T-shirts Rip Curl ou Billabong, de l'excitation d'aller voir passer les coureurs sur le mont Ventoux  alors qu'aujourd'hui on préférerait encore passer un mois en vacances chez les beaux-parents plutôt que d'aller vociférer des encouragements à ces jeunes gens en costumes moulant qui se dandinent dans des crêtes sans fin. A croire que souffrir leur fait plaisir. Très peu pour moi. je retourne volontiers en enfance, l'âge d'or de l'innocence, des grosses bêtises et des bonnes fessées. D'accord, tout n'était pas rose après réflexion.
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Publié dans Diary

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M
<br /> qu'entends-tu par culs de bouteilles sur monture métallique pour l'icône maternelle????<br /> je n'ai jamais été myope, que je sache.....<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Non je sais bien, juste que la méthode de l'époque voulait que la surface de verre sur tes lunettes équivalait à peu près à celle d'un pare-brise de Twingo.. et je ne montrerai pas les photos je<br /> suis gentil.<br /> <br /> <br />