Merci, mais non
Convalescent ce week-end après une rave party dans mon estomac la nuit dernière, j'en profite pour consigner quelques observations faites au travail dernièrement (pour changer me direz-vous).
Avec les élections régionales en cours à l'atelier, c'est plus de 150 intérimaires qui défilent, visages nouveaux, jeunes ou vieux, aucun bleu de travail, certains viennent endimanchés, d'autres sortent leur plus beau jogging Tacchini. Une dame me regarde avec un regard étrange et me fait des petites blagues entre deux tâches. Sa blouse bleu turquoise à moitié transparente révèle un t-shirt échancré et ses chaussures de sécurité dénotent avec son accoutrement. Elle a dépassé la cinquantaine je dirais et est maquillée à outrance. Son insistance me fait penser à ces jeunes filles qui cherchent à séduire tout ce qui bouge. Sauf que là, la différence d'âge est plus qu'importante. Merci, mais non, ma maman est une femme très possessive.
Certains, surtout des jeunes, ont la motivation d'un escargot sur une pente abrupte. Brillantine en exergue, oreillettes du téléphone dans les oreilles pulsant du rap français de sous les fagots, ils accomplissent le travail qui leur est donné nonchalamment, poussé là par des parents qui en avaient marre de les voir traîner en bas des tours. Soufflant et se plaignant continuellement, ils assistent les conducteurs de machine, approvisionnent les tables de piles de bulletins et fument clope sur clope à la pause, résolument décidés à passer outre le quotidien ouvrier pour retrouver le soir venu leurs copains de la cité pour des beuveries décomplexées ou machisme et mauvaises blagues tournent comme les joints qu'ils roulent en cachette de leurs parents.
Mon estomac se remet peu à peu, à coups de Coca-Cola et de riz nature... Refaire ma flore intestinale à grands renfort de yaourts occupera mon dimanche et la motivation pour me lever lundi à 4h sera... dans mes chaussettes.
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