Le vent se lève
Le soleil ne s'est pas levé ce matin. Moi si. Pour rien, les missions sont rares ces jours-ci. Tant pis, on mangera des pâtes et du riz. Neuf heures et les peupliers du parc plient déjà. Une maman en retard court derrière sa poussette, son aîné courant devant. L'école n'est plus très loin mais le vent annonce la pluie. Les nuages noirs qui dans le ciel menacent ne laissent rien présager de bon.
Un étudiant en short de bain et tongues passe devant chez moi en marchant bien vite. Il doit se mordre les doigts d'avoir osé la tenue d'été en partant de chez lui. Sur son dos son sac Eastpak rebondit, les premières gouttes montrent le bout de leur nez. Les chats se sont mis à l'abri il y a un bon moment, regardant les hommes depuis leurs balcons, un sourire narquois pendu aux babines.
J'allume mon café, touille le sucre dans ma cigarette. Ou vice-versa. On est du matin ou on ne l'est pas. Et moi qui pensais l'être. Les travailleurs vont au bureau pied sur l'accélérateur dans cette rue aux trois stops. Bien souvent seuls dans leurs voitures, ils n'ont sûrement pas entendu parler de réchauffement planétaire ni vu le film d'Al Gore. Habillé pour partir travailler, je suis tel un scout la main levée: toujours prêt.
Ma chérie est au travail, ou encore sur la route, qui sait. Avec son ventre tout rond, elle a repris le travail. Courageuse et battante, elle rend service à ses anciens patrons. Ces derniers ayant perdu l'un de leurs membres sur le champ de bataille de la panique de responsabilité aigüe. Elle me dit que ça la fatigue, moi je dis que ça l'occupe. C'est qu'une femme enceinte quand elle s'ennuie elle a des crises d'achat compulsif.
Le vent retombe. Le soleil darde ses premiers rayons sur l'herbe humide devant chez nous. Les essuie-glaces se replient, les parapluies cessent de battre la mesure, tels des métronomes pour pare-brises qui en auraient assez de la mauvaise musique du ciel. La maman a lâché son aîné et rentre tranquillement chez elle, un rien mouillée mais plus de peur que de mal. Le nourrisson dans sa bulle de plastique n'a rien vu passer, lui.
Un étudiant en short de bain et tongues passe devant chez moi en marchant bien vite. Il doit se mordre les doigts d'avoir osé la tenue d'été en partant de chez lui. Sur son dos son sac Eastpak rebondit, les premières gouttes montrent le bout de leur nez. Les chats se sont mis à l'abri il y a un bon moment, regardant les hommes depuis leurs balcons, un sourire narquois pendu aux babines.
J'allume mon café, touille le sucre dans ma cigarette. Ou vice-versa. On est du matin ou on ne l'est pas. Et moi qui pensais l'être. Les travailleurs vont au bureau pied sur l'accélérateur dans cette rue aux trois stops. Bien souvent seuls dans leurs voitures, ils n'ont sûrement pas entendu parler de réchauffement planétaire ni vu le film d'Al Gore. Habillé pour partir travailler, je suis tel un scout la main levée: toujours prêt.
Ma chérie est au travail, ou encore sur la route, qui sait. Avec son ventre tout rond, elle a repris le travail. Courageuse et battante, elle rend service à ses anciens patrons. Ces derniers ayant perdu l'un de leurs membres sur le champ de bataille de la panique de responsabilité aigüe. Elle me dit que ça la fatigue, moi je dis que ça l'occupe. C'est qu'une femme enceinte quand elle s'ennuie elle a des crises d'achat compulsif.
Le vent retombe. Le soleil darde ses premiers rayons sur l'herbe humide devant chez nous. Les essuie-glaces se replient, les parapluies cessent de battre la mesure, tels des métronomes pour pare-brises qui en auraient assez de la mauvaise musique du ciel. La maman a lâché son aîné et rentre tranquillement chez elle, un rien mouillée mais plus de peur que de mal. Le nourrisson dans sa bulle de plastique n'a rien vu passer, lui.
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