Marabouté
L'Afrique regorge de ces hommes-sorciers aux solutions à tous les maux. Annonçant la réponse à toutes vos questions, ils ne vous demandent qu'un tout petit sacrifice - et pas au sens figuré. S'accompagnant souvent de sombres mélopées dramatiques sur fond de feu de branchages et autres colifichets à but purement décoratif.
Le griot appelle les esprits. La brousse lui répond par des hurlements lugubres. Des hyènes au loin. Les femmes pleurent et crient, les bras levés au ciel. Les dieux ont encore une fois condamné un enfant. La malnutrition arrondit le ventre des plus jeunes. Les mouches se repaissent de leurs larmes et de leur sueur. La nuit est tombée depuis longtemps: les chauve-souris sont comme des messagères du Malin.
Les incantations deviennent plus graves, plus solennelles: c'est au tour des hommes de rentrer dans la danse. Les femmes chantent une mélodie triste sur des frappements de tam-tam. Les peaux tendues font savoir aux dieux, aux animaux et aux villages alentours que le malheur a encore frappé. Un de plus. Un de moins. L'aide américaine n'est pas passée loin.
A moins de dix kilomètres se trouve le camp de réfugiés du Sud-Darfour, où des dizaines de milliers de soudanais ont pris refuge. Là-bas ils vivent dans des tentes ornées d'une croix ou d'un quartier de lune rouge. Eux se contentent d'une simple hutte en pisé, facilement repérable par les pillards de plus en plus nombreux qui balaient la région. Tout est bon à prendre: nourriture, armes, bétail, femmes, même les casseroles et les tam-tams sont recherchés aujourd'hui. Les ONG ne les entendent pas.
L'Afrique regorge de ces villages perdus, où les marabouts sont le seul espoir de tout un peuple. Annonçant à tous une fin proche dans un pur esprit apocalyptique. La Sainte Bible est passée par là, il y a bien longtemps. Mais plus aucun blanc ne s'y aventure. Ils sont tous au Serengetti à observer les lions. Les vrais prédateurs africains, on ne les leur a pas montrés. Alors ils mitraillent, avec leurs appareils photo à trois mille euros, la faune luxuriante bien enfermée dans les réserves d'Afrique Orientale et Australe, bien à l'abri des balles. Et du tumulte des sorciers, des chants et des pleurs, des cris des hyènes dans la nuit soudanaise.
Le griot appelle les esprits. La brousse lui répond par des hurlements lugubres. Des hyènes au loin. Les femmes pleurent et crient, les bras levés au ciel. Les dieux ont encore une fois condamné un enfant. La malnutrition arrondit le ventre des plus jeunes. Les mouches se repaissent de leurs larmes et de leur sueur. La nuit est tombée depuis longtemps: les chauve-souris sont comme des messagères du Malin.
Les incantations deviennent plus graves, plus solennelles: c'est au tour des hommes de rentrer dans la danse. Les femmes chantent une mélodie triste sur des frappements de tam-tam. Les peaux tendues font savoir aux dieux, aux animaux et aux villages alentours que le malheur a encore frappé. Un de plus. Un de moins. L'aide américaine n'est pas passée loin.
A moins de dix kilomètres se trouve le camp de réfugiés du Sud-Darfour, où des dizaines de milliers de soudanais ont pris refuge. Là-bas ils vivent dans des tentes ornées d'une croix ou d'un quartier de lune rouge. Eux se contentent d'une simple hutte en pisé, facilement repérable par les pillards de plus en plus nombreux qui balaient la région. Tout est bon à prendre: nourriture, armes, bétail, femmes, même les casseroles et les tam-tams sont recherchés aujourd'hui. Les ONG ne les entendent pas.
L'Afrique regorge de ces villages perdus, où les marabouts sont le seul espoir de tout un peuple. Annonçant à tous une fin proche dans un pur esprit apocalyptique. La Sainte Bible est passée par là, il y a bien longtemps. Mais plus aucun blanc ne s'y aventure. Ils sont tous au Serengetti à observer les lions. Les vrais prédateurs africains, on ne les leur a pas montrés. Alors ils mitraillent, avec leurs appareils photo à trois mille euros, la faune luxuriante bien enfermée dans les réserves d'Afrique Orientale et Australe, bien à l'abri des balles. Et du tumulte des sorciers, des chants et des pleurs, des cris des hyènes dans la nuit soudanaise.
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