Très légèrement capillo-tracté
Vingt heures lundi vingt-sept juillet. Le présentateur du journal télévisé, cravate bien remontée et cheveux en bataille organisée, aligne devant lui ses indispensables petites fiches. Le réalisateur décompte les secondes avant le lancement du direct. Dernier repoudrement de nez, on se regarde dans la glace avec l'aide de la maquilleuse.
Les feux font rage en Corse et partout dans le Sud de l'Europe, le Tour de France est terminé (enfin!), les chiffres du chômage sont très légèrement à la baisse, bref l'info on s'y attend parce qu'elle est sur les lèvres de tout le monde depuis la veille. Comme dirait Ardisson, tout le monde en parle. Sur internet les langues se déchaînent, des débats télévisés ont été préparés, des émissions radios et des centaines de journalistes ont planché sur le sujet. Mais qu'est-ce qui peut bien passionner les Français à un tel point?
Il se trouve que dimanche, courant à La Lanterne - non, pas à la bougie, c'est un pavillon de chasse situé à Versailles et auquel la présidence a droit depuis mai 2007 - bref, courant à petites enjambées avec ses molosses à ses trousses, notre impérial président s'est écroulé. malaise vagal, hypoglycémique, crise cardiaque, lipothymique, on s'en est donné à coeur joie pour essayer de qualifier au mieux ce qui de toute évidence était un fait majeur du week-end du vingt-six juillet. Admis au Val-de-Grâce, il eut à son chevet la belle Bruni et une bonne centaine de journalistes et photographes au balcon. De là à en faire une affaire d'Etat dès que Nicolas manque de Carambars, je pense qu'on y va un peu fort.
Lui qui clamait haut et fort que sa santé ne serait pas un secret, je cite: que son "médecin serait une superstar"; là pour le coup il nous a fait une belle frayeur le petit Nicolas. D'autant plus que les médias, tout rapaces qu'ils sont, ont su profiter de la brèche ouverte par l'absence de son altesse présidentielle et déverser dans nos oreilles un flot continu de bêtises toutes plus ahurissantes les unes que les autres. Sait-on jamais, peut-être que lors de son séjour en Egypte (ou fut-ce au Mexique) ou encore lorsqu'il visitait son ami Bolloré, s'est-il fait opérer du coeur, triple pontage coronarien qui dimanche dernier a refait surface et grillé sur place l'homme aux baskets à talonnettes. Faudrait pas non plus prendre les Français pour des demeurés tout de même!
Enfin bon, on en dit des méchancetés, on l'aime bien notre président au fond, faudrait qu'on le remette vite sur pied. Je ne sais pas moi, qu'on lui greffe un coeur. Oups, lapsus.
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