Le Quéké d'Or est attribué à...
Momo. Né Maurice Pugeard, ses amis et sa famille l'ont vite rebaptisé Momo. Très tôt il développe une passion pour les sports automobiles, le Tour de France et les bières Belges. Parents fonctionnaires, éducation dans le public dans la banlieue de Saumur, première copine à vingt-quatre ans, Momo a une vie assez classique.
Son premier salaire d'employé de Mairie à la voirie de Saint-Hilaire Saint Florent, il le met dans une voiture. Il a alors dix-sept ans et son permis il faudra encore qu'il patiente quelques mois avant de pouvoir le passer. Peu importe, il rêvait d'une belle sportive, il décide qu'il a le droit de l'avoir. Son budget étant assez limité, il se rabat sur une Rover 400 Xd Gti 12V, trois portes, rouge carmin et l'antenne CB du prédécesseur qui dépasse de deux bons mètres du dessus de la voiture. Fier comme un coq mais pas encore satisfait de l'apparence générale du bolide, il s'échine à économiser pour gâter sa merveille. Ailerons divers et variés, jantes 20 pouces et pneux lisses, caisse rabaissée, vitres teintées et néons bleus sous le châssis. Son coffre est occupé à soixante-dix pour cent par l'ampli de son système audio. A volume moyen déjà, les vitres tremblent et les gens au feu rouge froncent les sourcils. Il faut dire que ce n'est ni Jeff Buckley ni Neil Young qui pulse de l'ovni rouge sang qui au ras du sol pollue de ses bits effrénés l'asphalte du centre-ville de Saumur.
Certains voyagent, d'autres s'achètent ou font construire la maison de leurs rêves. Momo, lui, engloutit ses salaires dans sa voiture. Il vit chez ses parents, emmène sa copine Cindy au Macumba dans sa Rover, traîne avec ses copains et leurs packs de Kronenbourg, participe à des courses endiablées sur les routes de campagne du Val de Loire. Ses collègues lui envient son bolide, eux roulent en Picasso ou en Scénic. Leurs femmes ne les laisseraient jamais mettre un aileron à la place du porte-vélo, des jantes chromées ou des prises d'air sur le monospace familial. Momo est le plus heureux des hommes. Sa Cindy, blonde jusqu'au bout des ongles, siliconée et montée sur talons compensés jusque dans sa douche. Elle est caissière au Super U de Saint-Hilaire, lui soigne les espaces verts de la commune de Saint-Florent. Le travail fini, ils se retrouvent sur le parking du Café du Commerce avec leurs amis et discutent tuning et filles. De temps en temps il fait un tour chez le concessionnaire Porsche de Saumur et bave sur les 911 et Boxter qu'il ne pourra jamais se payer.
Il fête ses cinquante ans aujourd'hui. Sa Rover est sur des parpaings dans le jardin du pavillon qu'il loue depuis vingt ans avec sa femme. Cindy est partie depuis longtemps. Il a eu deux enfants, Kevin et Sandra. Il roule en BMW. Le modèle date un peu mais il est plutôt satisfait des modifications qu'il y a apporté. Ce n'est plus de la techno qui sort de ses enceintes surdimensionnées mais du Johnny Halliday ou du Dany Brillant. Ses parents ont toujours leur maison, à deux minutes en voiture de chez lui. Il n'a encore jamais pris l'avion ou fait un crédit pour une maison mais il a du se résigner à acheter un monospace lorsque leur deuxième est né. Ses épaules tatouées et poilues dépassent de son Marcel. Il a arrêté de fumer mais n'a pas renoncé aux bières Belges. Il a été promu et est maintenant responsable de quatre ouvriers et est en charge des innombrables ronds-points de la banlieue Est de Saumur.
Cinquante ans, deux enfants, la bedaine de houblon et la boucle de ceinture en forme d'aigle Américain, le volant recouvert de fourrure et les sièges baquets. Une vie de rêve.
Son premier salaire d'employé de Mairie à la voirie de Saint-Hilaire Saint Florent, il le met dans une voiture. Il a alors dix-sept ans et son permis il faudra encore qu'il patiente quelques mois avant de pouvoir le passer. Peu importe, il rêvait d'une belle sportive, il décide qu'il a le droit de l'avoir. Son budget étant assez limité, il se rabat sur une Rover 400 Xd Gti 12V, trois portes, rouge carmin et l'antenne CB du prédécesseur qui dépasse de deux bons mètres du dessus de la voiture. Fier comme un coq mais pas encore satisfait de l'apparence générale du bolide, il s'échine à économiser pour gâter sa merveille. Ailerons divers et variés, jantes 20 pouces et pneux lisses, caisse rabaissée, vitres teintées et néons bleus sous le châssis. Son coffre est occupé à soixante-dix pour cent par l'ampli de son système audio. A volume moyen déjà, les vitres tremblent et les gens au feu rouge froncent les sourcils. Il faut dire que ce n'est ni Jeff Buckley ni Neil Young qui pulse de l'ovni rouge sang qui au ras du sol pollue de ses bits effrénés l'asphalte du centre-ville de Saumur.
Certains voyagent, d'autres s'achètent ou font construire la maison de leurs rêves. Momo, lui, engloutit ses salaires dans sa voiture. Il vit chez ses parents, emmène sa copine Cindy au Macumba dans sa Rover, traîne avec ses copains et leurs packs de Kronenbourg, participe à des courses endiablées sur les routes de campagne du Val de Loire. Ses collègues lui envient son bolide, eux roulent en Picasso ou en Scénic. Leurs femmes ne les laisseraient jamais mettre un aileron à la place du porte-vélo, des jantes chromées ou des prises d'air sur le monospace familial. Momo est le plus heureux des hommes. Sa Cindy, blonde jusqu'au bout des ongles, siliconée et montée sur talons compensés jusque dans sa douche. Elle est caissière au Super U de Saint-Hilaire, lui soigne les espaces verts de la commune de Saint-Florent. Le travail fini, ils se retrouvent sur le parking du Café du Commerce avec leurs amis et discutent tuning et filles. De temps en temps il fait un tour chez le concessionnaire Porsche de Saumur et bave sur les 911 et Boxter qu'il ne pourra jamais se payer.
Il fête ses cinquante ans aujourd'hui. Sa Rover est sur des parpaings dans le jardin du pavillon qu'il loue depuis vingt ans avec sa femme. Cindy est partie depuis longtemps. Il a eu deux enfants, Kevin et Sandra. Il roule en BMW. Le modèle date un peu mais il est plutôt satisfait des modifications qu'il y a apporté. Ce n'est plus de la techno qui sort de ses enceintes surdimensionnées mais du Johnny Halliday ou du Dany Brillant. Ses parents ont toujours leur maison, à deux minutes en voiture de chez lui. Il n'a encore jamais pris l'avion ou fait un crédit pour une maison mais il a du se résigner à acheter un monospace lorsque leur deuxième est né. Ses épaules tatouées et poilues dépassent de son Marcel. Il a arrêté de fumer mais n'a pas renoncé aux bières Belges. Il a été promu et est maintenant responsable de quatre ouvriers et est en charge des innombrables ronds-points de la banlieue Est de Saumur.
Cinquante ans, deux enfants, la bedaine de houblon et la boucle de ceinture en forme d'aigle Américain, le volant recouvert de fourrure et les sièges baquets. Une vie de rêve.
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