Survivor chez les Inuits
Montée sur la région parisienne aujourd'hui 5 janvier. Temps grisâtre au départ de Bordeaux. Le chauffage à fond pour être à l'aise, Chiara se déleste de son manteau, nous aussi d'ailleurs. Le coffre plein à craquer de notre break familial croule sous les cadeaux et valises diverses.
A l'extérieur, le froid pince. En arrivant sur Poitiers, les bandes d'arrêt d'urgence, tout comme la campagne environnante, sont couvertes d'un bon manteau neigeux et les voitures en sens inverses semblent tout droit sorties d'un reportage sur le grand nord canadien. C'est tout juste si on n'aperçoit pas des manchots empereurs sur le bas-côté. Éviter les blocs de glace tombés des camions sur le goudron relève du grand G de Nagano et la pause-pipi à la station service un sprint pour arriver au chaud dans les toilettes. Les gens se réchauffent les doigts sur des cafés ou des thés brûlants, emmitouflés dans leurs polaires et fausses fourrures, attendant avec impatience que l'un ou l'autre finisse ses emplettes, achète son sandwich hors de prix, son coca à cinq euros. J'évite de justesse une attaque d'ours polaire au retour vers le parking tandis que Chiara, elle, dort à poing fermés, ses deux petits bras levés vers le ciel, les épaules prises dans la ceinture de sécurité de son siège auto.
On arrive cinq heures plus tard à Beynes, dans la campagne yvelinoise, où les températures feraient pâlir un marseillais et rigoler un sibérien. Quant à nous gascons, on frémit d'avance à l'idée de sortir de voiture, on prépare les gants, les écharpes et les bonnets pour courir se réfugier au chaud, décharger la voiture et... se griller une clope dans ce froid arctique. Fumer tue sûrement mais pour nous aujourd'hui, fumer congèle avant tout.
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