Montparnasse 13h00 - 19h00
Ce fut une bien longue après-midi. Les bancs de la gare ne manquaient pas, en tout cas pas en quantité. Un revêtement autre que le bois serait par contre bienvenu pour les malchanceux comme moi. Une bonne heure passée à Quick à savourer un repas qui ne le méritait même pas. Quelques pauses cigarettes avec briefcase et valise plus tard, j'ai fini par craquer. Vers 16h00 quand la batterie de l'ordinateur a donné des signes de faiblesse, heureusement après la fin d'Infernal Affairs!
Je me suis donc rabattu sur les mots fléchés "Spécial Eté encore plus de pages pour jouer" du Relay le plus proche. J'en avais marre de scruter mes voisins, résolvant par-dessus leur épaule sudokus et autres mots croisés, mêlés ou fléchés. Quand ce n'était pas les premières de couverture de magazine à scandale ou féminins qui occupaient mon champ de vision.
Encore heureux que la gare soit grande et bien desservie; il y en avait pour tous les goûts: des couples de petits vieux tout mignons tout perdus, des allemands en chaussettes dans leurs nu-pieds, des jeunes de banlieue en baskets multicolores et montres dorées, des chtis en goguette et des parisiens endimanchés, pressés, en grand déplacement estival direction le Bassin d'Arcachon ou la côte basque.
Grand moment d'ennui et de fatigue. J'ai bien essayé de taper la sieste, là, juché sur mon banc de fakir. Pas très confortable c'est le moins qu'on puisse dire, et le pressentiment que je risquais de me réveiller en sursaut, soudain privé de mes effets personnels, mon magnifique boxer turquoise orné de petits moutons comme seul possession.
19h20 c'était le train pour Bordeaux. Ouf! La libération, 3h15 de pur bonheur en Seconde avec les enfants, les téléphones qui sonnent, les écouteurs des p'tits jeunes à fond les ballons et les annonces fleuries de cet accent du Sud (comme seule la SNCF sait faire) du contrôleur-chef qui nous annonçait une grève du personnel chargé du wagon-bar. Le pompon.