La vie de bureau

Publié le par Matthieu

Depuis le 1er avril dernier, je travaille dans une administration en plein centre de Bordeaux et je dois dire... les clichés sont loin d'être avérés. Pas de poisson d'avril, j'ai bien troqué mon bleu de l'usine contre un jean et des baskets et un polo et un fauteuil à roulettes.


La vision que nous autres qui avons toujours évolué dans le privé, c'est pause syndicale, pause pipi, pause café, pause cigarette et du boulot pour trois dans un bureau de dix personnes. En réalité, en tout cas là où le hasard m'a porté, les tâches ne manquent pas, tous les services en ont par-dessus la tête, les réductions budgétaires et différents remaniements administratifs ayant créé de problèmes là où déjà avant ce n'était pas simple. J'y suis donc vacataire, pour un mois, renouvelable exceptionnellement si et seulement si on plaît et bien sûr si ça nous convient. Ma journée se partage inévitablement entre le courrier et la comptabilité, encaisser des chèques, remplir des tableaux sur Excel ou encore saisir informatiquement des données bancaires ou judiciaires.


L'humeur est à la franche débrouillardise, chacun faisant son possible pour accomplir son travail, récupérer le surplus du voisin ou de la voisine, aller chercher du café pour tout le monde ou cuisiner avec amour des canelés ou des tartelettes au fruit pour un petit-déjeuner ou un goûter improvisé. Pour sûr, les vieilles images ont la peau dure et les discussions sur fond de syndicats, retraite, mutations, rumeurs vont bon train dans les bureaux. Certains ont la voix qui portent, d'autres sont tels des petites souris, assises à leur bureau sans un mot. C'est dans une bonne humeur générale que l'on prend un café, une cigarette, un verre d'eau, autour d'un rêve de congés toujours trop lointains et trop courts.


J'ai trouvé ma place, accepté je pense dans le groupe à quatre-vingt-dix-sept pour cent féminin qui compose le service. Ce n'est pas pour me déplaire, j'ai toujours évolué dans des mondes peuplés de femmes, que ce soit en Fac d'Anglais, en BTS Tourisme, en Agence de Voyages ou à l'aéroport et jusqu'à mes amis, qui se trouvent donc être pour la plupart des amies avec un grand "e". Du sang frais, du sang mâle, du changement, des fous rires, de l'exotisme, c'est tout ce qu'ils demandent dans l'administration, où le train-train crée vite des tensions et des dissensions malsaines qui rendent les échanges, voire même parfois le travail, légèrement problématique.


Je reviendrais sûrement sur mon expérience dans ces chers locaux de notre administration française si malmenée dans les esprits du commun des mortels. Maintenant lorsque vous entrez dans un bureau, envoyez une réclamation, payez ou prenez une amende, pensez un instant, juste une minute, à tous ces hommes et ces femmes qui triment toute l'année pour que tout se passe bien - même si parfois l'engrenage administratif est si complexe que les documents se perdent... On a tous nos torts.

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Publié dans Diary

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B
<br /> Malgré ta jolie prose tu ne me feras pas apprécier non plus "notre" administration !<br /> Et comme le dit notre soeur, le Crous mérite carrément nos applaudissements !<br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> oui Ok toutes les administrations n'ont pas la même efficacité ... et le CROUS j'ai connu aussi les déboires comme vous... sic<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> style, tu défends la bureaucratie!! Va dire aux gens du CROUS qu'ils sont efficaces, mêmes eux riront!!2 mois et demi de retard dans la paye des bourses!!<br /> <br /> <br />
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