J'ai toujours rêvé d'être... hôtesse de l'air!
Contrairement à certains dans la longue file d'attente des sélections aux compagnies aériennes, je ne rêvais pas enfant de devenir steward. Ni pompier ni docteur ni astronaute. Je me voyais plus aventurier à la Jack London ou étudiant les animaux en Afrique que dans un costume stéréotypé pour petit garçon en culotte courte. Les traditions universitaires et enseignantes de la famille n'ayant eu que peu d'attrait pour l'élève médiocre que j'étais, j'ai tenté de me forger ma propre identité, mes propres désirs. Mon aspiration en matière de carrière tient beaucoup de la manière nord-américaine de mener sa vie professionnelle: essayer tout ce qui passe, tout ce qui plaît, tout ce qui démange, tout ce qui dérange - bref profiter des opportunités lorsqu'elles se présentent et savoir prolonger celles qui le méritent et abréger celles qui laissent à désirer.
Bref pour en revenir à nos moutons, ou plutôt à nos chignons, le fait même de devenir steward relève de la croisade médiévale. Le processus de recrutement, lui, tient plus du casting pour la Nouvelle Star que d'un entretien d'embauche traditionnel. Au lieu des quelques personnes installées dans la salle d'attente d'un building parisien, c'est plusieurs centaines de candidats qui se rassemblent dans un hôtel proche d'un aéroport, costume cravate et maquillage impeccable. Le stress est palpable, la tension à son paroxysme. Chacun sait que la compagnie aérienne aura le dernier mot, qu'elle se vendra comme elle sait si bien le faire, donnera des conseils pour les différentes phases des journées de sélection, taira bien sûr les petits plus qu'ils recherchent dans leurs personnels, le nombre de personnes qu'ils comptent embaucher. Tous jouent des pieds et des mains pour sortir du lot, se faire remarquer sans pour autant passer pour des fortes têtes.
Quand on dit qu'on veut travailler dans les avions, tout le monde pense uniforme et service, bonne à tout faire et indication des sorties de secours. Vous avez beau avoir tous les attributs du mâle typique, tous vous imaginent en hôtesse de l'air apprêtée jusqu'au bout des ongles. Le métier de personnel naviguant commercial c'est bien plus que ça: accompagner d'un point A à un point B des passagers, les assister pendant le trajet, les secourir en cas de pépin, les protéger lors d'un crash ou d'un atterrissage d'urgence. Je n'avais jamais pensé devenir hôtesse de l'air... c'est un peu par une logique de carrière orientée vers le tourisme que je me retrouve dans la longue file d'attente des postulants. Pas de chignon serré, pas de rouge à ongles, juste mon seul et unique costume, un sourire naturel et mon goût pour le contact, un désir de réussir. Il me tarde de voler, d'enfiler un uniforme et de me mêler aux équipages pour faire du ciel le plus bel endroit de la Terre (merci Air France).