Ces vices des religions

Publié le par Matthieu

Elles se targuent d'être à l'écoute et toujours bienveillantes. Elle se veulent justicier et justiciable, cause et conséquence. A les entendre, l'homme et la femme sont nés de la glaise, les arbres ont bourgeonné d'un sol vierge, Dieu a fait pleuvoir et tout ce beau monde a gambadé depuis lors sur une Terre fertile et verdoyante.

Mais elles manquent de clarté, savent faire preuve d'intolérance voire de violence: les croisades, djihads et autres guerres de religion sont là pour le prouver. Elles voudraient être une sorte de roue de secours, un appui que l'on viendrait chercher lorsque ça ne va pas trop, lorsque le moral n'est plus au beau fixe. Faire passer un tel message serait avouer la faiblesse de l'homme qui alors ne serait plus jugé capable de se débrouiller seul face aux aléas de la vie. Si Dieu a fait l'homme si parfait au début, pourquoi lui faut-il aujourd'hui une canne aussi étrange que la religion? L'Homme n'a cessé de découvrir de nouveaux phénomènes, d'éclaircir les mystères de notre passé et les micro-organismes qui constituent notre monde, notre corps même. De plus en plus pointu, il en vient à la question ultime: est-ce que dans le microscope, le télescope, quelqu'un apercevra un jour un dieu?

Par ces temps de crise, les religions remplissent leurs quotas de recrues. Avec la misère et le découragement, certains ont tendance à se tourner vers ceux qui leur promettent la lumière, un avenir bienheureux aux cieux, un bonheur sans faille dans l'amour de Dieu. Les sourates, les versets du Coran, de la Bible ou de la Torah, ne sont que de vieilles histoires un jour retranscrites sur papier par de vieux messieurs qui en ont fait un peu ce qu'ils voulaient. D'où des interprétations différentes selon que l'on soit intégriste, progressiste ou libéral.

Prenez Najib, de l'usine. Pour vous situer le personnage: 21 ans, 1m95, légèrement barbu, un grand sourire, un scooter coréen flambant neuf. Et bien Najib ne serre pas la main ni ne fait la bise aux femmes. Ses collègues défilent devant lui et se prennent un vent du tonnerre. Il ne leur parle pas non plus, ne les regarde pas dans les yeux. Et que personne ne vienne me dire que c'est une marque de respect: tout au mieux de l'indifférence, au pire du dédain, du dégoût. Son histoire je ne la connais pas. Mais d'après ses dires il n'a pas toujours été ainsi. Il fut un temps où il avaient des amies filles, où il les embrassait sur chaque joue tous les jours, où il riait avec elles. Que s'est-il passé? Quel individu, quel Imam a pu en faire ce grand barbu tout droit sorti des montagnes pakistanaises? A qui la faute si les jeunes d'aujourd'hui manquent de repères, si l'éducation des cités difficiles passe à la trappe au prix d'une sécurité renforcée. Les intégristes prennent les quartiers populaires d'assaut. Est-ce que la clé du bien-être ne passerait pas plutôt par l'éducation? Leur apprendre les bases de la société, les valeurs qui feront d'eux des hommes et des femmes à part entière, qui leur apprendront la tolérance, le respect et la curiosité.

Ce petit texte est pour toi Najib, pour que tu retrouves la lumière. 
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Publié dans Société

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