Ronde de nuit

Publié le par Matthieu

Kenya. Réserve Nationale de Samburu. C'est la nuit. Tout le monde dort sauf le garde du camp qui fait ses rondes, fume et fait des réussites. A part quelques éléphants de passage au loin et les cris des babouins qui ont des cauchemars, le silence règne sur la brousse.

Soudain, une envie pressante. Je sors de ma tente en enfilant un caleçon, me donnant une allure de somnambule. J'emprunte le chemin sinueux qui mène aux toilettes de fortune que nous nous sommes aménagés à une centaine de mètres du camp. Les hautes herbes courent de chaque côté, dissimulant à mes yeux encore endormis toute vision d'éventuels serpents ou prédateurs éventuels à l'affût. Un dernier virage et le trône de bois se dévoile. Trois parois de fortune, un socle en planches pour masquer le trou béant et nauséabond, une tôle en guise de toit pour protéger en cas d'averse. Et, une fois assis, une vue à 180 degrés de la brousse en mode nocturne. Les oiseaux et les insectes s'en donnent à coeur joie, un lion rugit pour marquer son territoire à quelques kilomètres à peine. Je fais mes affaires en deux deux, pressé de retourner me coucher au chaud dans mon duvet sous ma moustiquaire. C'est alors que j'entends comme un souffle lourd, des mouvements dans les acacias au bord de la rivière. Une famille d'éléphants en mode dîner sous les étoiles qui passe par là sans doute. Rassuré, je reprends le chemin du camp, sûr qu'aucun lion n'est dans les parages, terrorisé qu'ils sont par la seule présence des pachydermes.

Kenya. Réserve Nationale de Samburu. C'est le matin. Les oiseaux ne chantent pas, ils hurlent. Une ode au soleil, un capharnaüm matinal tous les jours à 6h30. C'est l'avantage d'être sur l'équateur ou presque, tout au long de l'année le soleil a un rythme régulier: 6h30 il prend son café et 18h30 il se borde dans les étoiles. Les babouins sont réveillés eux aussi et font savoir à tout le monde qu'un jeune léopard dort dans l'arbre central du camp. Inoffensif dans son sommeil et sûrement repus d'une chasse nocturne, ses pattes pendent, inertes, des branches épineuses du centenaire qui nous sert de parasol géant. On prendra le petit-déjeuner ailleurs aujourd'hui.

Kelani, le veilleur de nuit, ronfle comme un bébé sous Exomil, allongé sous le Land Rover, ainsi à l'abri des visites nocturnes de la faune africaine. je vais le voir doucement, une tasse de thé brûlant dans les mains. Il se lève d'un bond, sa machette à la ceinture le gêne et il se cogne au marche-pied du quatre-quatre et rejoint sa tente, le mug de thé au lait très sucré dans une main, l'autre tenant la première cigarette de la journée. Un merci balbutié en swahili et une bonne journée entre deux gorgées de 'chai', il va s'effondrer jusqu'au déjeuner. Notre ange gardien samburu veille sur nous toutes les nuits, sept jours sur sept, trois-cent soixante-cinq jours par an. Pas de RTT là-bas, juste quelques journées par-ci par-là pour aller voir sa femme et ses enfants à sept heures de route de là. Je l'admire pour sa dévotion et sa patience.
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Publié dans Voyage

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L
<br /> tu as écrit "aux aussi" et non "eux aussi". tu m'avais dit que si je voyais une coquille ou une faute , fallait que je te fasse signe, alors voila!!biu à vous presque trois.<br /> <br /> <br />
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M
<br /> merci je corrige de ce pas.<br /> bisous <br /> <br /> <br />