un été parisien

Publié le par Matthieu

Les beaux jours sont bel et bien là. Le soleil et les nuages sont encore en froid mais bientôt un ciel bleu recouvrira la France, repoussant la grisaille vers l'Est. Avec les premiers rayons du soleil, on change nos habitudes, on remet au placard cardigans et duffle-coats. Bottes et escarpins se disputent les faveurs des jambes de ces dames et ces messieurs décapotent leurs coupés et sortent leurs Ray Ban.

La chaleur échauffe les esprits et aux carrefours parisiens les jurons vont bon train, les accents se mélangent et nous rappellent sans cesse que la ville est un étrange métissage, du Maghreb aux confins de l'Orient, d'Arras à Fos-Sur-Mer. Les jupes se font plus courtes, les tongues refont leur apparition. les orteils sous les UV s'écartent de bonheur et les parcs regorgent alors de corps étendus à la pause déjeuner. Sandwicheries et vente à emporter font leur chiffre de l'année: qui voudrait par un temps pareil s'asseoir dans le noir.

Phénomène étrange, quand sonne midi, on choisit les bancs à l'ombre, comme pour se réfugier d'un soleil que l'on a attendu tout l'hiver. Prélassés dans l'herbe sous l'écrasante lumière du soleil au zénith, les adolescents, eux,  se chamaillent et essaient d'oublier qu'il leur reste encore une semaine de cours. Leur esprit déjà en vacances efface inconsciemment le gris de la ville et s'imagine à Tel Aviv, Tanger, La Baule ou Ste Maxime.

Les odeurs de marché, fruits et légumes de l'été répandus sur les étals soigneusement rangés, parfument les trottoirs de la capitale de leurs fragrances sucré-salé. Pêches, brugnons, cerises, abricots, tomates, melons, pastèques; on en salive rien qu'à aller chercher le journal, et au retour vous pouvez être sûr de céder à la tentation si sur la monnaie qu'il vous reste vous avez assez pour ne serait-ce qu'une poignée de cerises. Et c'est déjà le Sud rien que par le vendeur. Son accent qui roucoule sous le palais et sa manière de négocier, le plaisir de servir et le sourire comme marque de fabrique. On se croirait à Sanaa ou Amman dans ces orangeraies urbaines où ça sent bon le thé à la menthe et le tabac à la rose.

Un été parisien, coincé dans les bouchons, c'est une autre histoire. Je n'en sais pas plus, je suis plutôt métro.

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Publié dans Diary

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