Si vous deviez me donner un défaut...
Je serais dépensier.
Je ferais partie de ces hommes et ces femmes pour qui la bourse est toujours pleine pour ce qu'ils aiment. Ces gens aux yeux de qui peu importe si leur banquier fait la moue ou leur tend la main avec un grand sourire, peu importe ce que les autres vont en penser, s'ils désirent quelque chose ils se le procurent.
Les étendards flamboyants de la consommation de masse ne m'attirent pas - pas plus que ça. La richesse et la luxure non plus. Mais tel livre, tel film, tel jeu ou tel voyage me font de l'oeil et je ne sais pas résister, je m'entraîne mais ce n'est pas encore ça. Vingt-sept ans bientôt vingt-huit de pratique et toujours la même désinvolture, la même innocence. Insouciance diront certains. Inconscience peut-être mais voulue, de ne pas céder à la bienséance qui voudrait que l'on se retienne, que tel pays qui tel un aimant vous attire, dusse attendre dix, vingt ans pour que l'on aille le visiter.
Les proches s'offusquent parfois, en viennent aux sermons et menaces, ils se veulent protecteurs mais ne sont que castrateurs. En brisant l'assouvissement du désir ils déclenchent le challenge. Qui me somme de ne pas bouger me pousse au départ, qui me tente de me décourager me transforme en Ivanhoé. Lancé après mon but, je pourfends les assaillants et délie ma bourse. Le tout est de ne pas exagérer et de connaître ses limites. J'aime Rimbaud mais je ne vais pas m'acheter les treize volumes chez la Pléiade, je me contenterai d'une oeuvre, à moi alors de trouver celle qui m'a particulièrement plu.
Le pouvoir d'achat diminue, les patrons séquestrés, les hérauts de la république redoublent d'efforts, publient des montagnes d'amendements, de documents allant dans le sens du peuple. Mais les patrons, ces seigneurs d'aujourd'hui, n'ont que faire de leurs serfs, ce qui compte c'est le résultat, les chiffres. La crise, toujours la crise. Dans la rue défilent les foules, le français est un animal à tendance gréviste. Peut-être notre côté latin, qui sait. Éternel insatisfait, il se rassemble en bandes et confectionne des banderoles, des affiches recherchées et tape-à-l'oeil, il scande des slogans accrocheurs et cherche le regard des hussards qui tout en habit de combat attendent de pied ferme le moindre débordement. Oh qu'ils sont prompts ceux-là à jeter la pierre! Un rien les effarouche. Et tout un chacun sait pertinemment qu'un être apeuré attaque plus facilement. D'où les nombreuses échauffourées qui dans les médias étrangers font croire que la France s'est arrêtée en dix-neuf-cent-soixante-huit, que sous les pavés coule la colère et que les matraques des policiers luttent tels des David contre l'immense horde des mécontents. Mais les Goliath du peuple avec leurs mégaphones devraient ôter leurs oeillères et observer leurs voisins du Sud.
Ces peuples qui ne connaissent ni SMIC ni indemnités chômage ni RSA ni RMI ni même - Oh Mon Dieu - la Sécurité Sociale, la CAF ou les Mutuelles. Et pourtant ces mêmes hommes et femmes aux muscles fatigués par le travail de la terre, les guérillas et la vie dans les townships ne descendent pas dans la rue, ne crie pas à l'exploitation. Eux sont muselés pour la plupart, les cordes vocales étouffées par des dictatures et une situation économique qui fait paraître la notre bien florissante.
Si je devais vous donner un défaut...
Est-ce que ce serait mal vu si je vous disais que des fois j'ai honte d'être tout simplement Français?
Les étendards flamboyants de la consommation de masse ne m'attirent pas - pas plus que ça. La richesse et la luxure non plus. Mais tel livre, tel film, tel jeu ou tel voyage me font de l'oeil et je ne sais pas résister, je m'entraîne mais ce n'est pas encore ça. Vingt-sept ans bientôt vingt-huit de pratique et toujours la même désinvolture, la même innocence. Insouciance diront certains. Inconscience peut-être mais voulue, de ne pas céder à la bienséance qui voudrait que l'on se retienne, que tel pays qui tel un aimant vous attire, dusse attendre dix, vingt ans pour que l'on aille le visiter.
Les proches s'offusquent parfois, en viennent aux sermons et menaces, ils se veulent protecteurs mais ne sont que castrateurs. En brisant l'assouvissement du désir ils déclenchent le challenge. Qui me somme de ne pas bouger me pousse au départ, qui me tente de me décourager me transforme en Ivanhoé. Lancé après mon but, je pourfends les assaillants et délie ma bourse. Le tout est de ne pas exagérer et de connaître ses limites. J'aime Rimbaud mais je ne vais pas m'acheter les treize volumes chez la Pléiade, je me contenterai d'une oeuvre, à moi alors de trouver celle qui m'a particulièrement plu.
Le pouvoir d'achat diminue, les patrons séquestrés, les hérauts de la république redoublent d'efforts, publient des montagnes d'amendements, de documents allant dans le sens du peuple. Mais les patrons, ces seigneurs d'aujourd'hui, n'ont que faire de leurs serfs, ce qui compte c'est le résultat, les chiffres. La crise, toujours la crise. Dans la rue défilent les foules, le français est un animal à tendance gréviste. Peut-être notre côté latin, qui sait. Éternel insatisfait, il se rassemble en bandes et confectionne des banderoles, des affiches recherchées et tape-à-l'oeil, il scande des slogans accrocheurs et cherche le regard des hussards qui tout en habit de combat attendent de pied ferme le moindre débordement. Oh qu'ils sont prompts ceux-là à jeter la pierre! Un rien les effarouche. Et tout un chacun sait pertinemment qu'un être apeuré attaque plus facilement. D'où les nombreuses échauffourées qui dans les médias étrangers font croire que la France s'est arrêtée en dix-neuf-cent-soixante-huit, que sous les pavés coule la colère et que les matraques des policiers luttent tels des David contre l'immense horde des mécontents. Mais les Goliath du peuple avec leurs mégaphones devraient ôter leurs oeillères et observer leurs voisins du Sud.
Ces peuples qui ne connaissent ni SMIC ni indemnités chômage ni RSA ni RMI ni même - Oh Mon Dieu - la Sécurité Sociale, la CAF ou les Mutuelles. Et pourtant ces mêmes hommes et femmes aux muscles fatigués par le travail de la terre, les guérillas et la vie dans les townships ne descendent pas dans la rue, ne crie pas à l'exploitation. Eux sont muselés pour la plupart, les cordes vocales étouffées par des dictatures et une situation économique qui fait paraître la notre bien florissante.
Si je devais vous donner un défaut...
Est-ce que ce serait mal vu si je vous disais que des fois j'ai honte d'être tout simplement Français?
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