Comment va le monde Part II

Publié le par Matthieu

Mercredi

 

 

 

Paris.

Ennui.

Le boulot est sympa mais la clientèle haut de gamme a un gros défaut : elle est exigeante à outrance : tout doit être parfait, les hébergements doivent être les meilleurs du pays. Le comble de ces gens-là c’est que certains d’entre eux font les radins et veulent voler en classe éco et une fois sur place exigent un confort de maharadjas. D’autres, plus francs, optent pour la classe affaire.

Il existe vraiment deux clients de base : le reconnaissant, qui même s’il a beaucoup voyagé, vous fera confiance pour le conseiller, le facturer, bref il ne rechignera pas comme certains à envoyer par la poste son numéro de carte Premier. Le second, le pédant, soutiendra contre vents et marées que son idée d’un pays est la bonne, que même si son séjour remonte à 10ans, il reste persuadé que la guerre ravage la destination, il ne voit pas pourquoi on voudrait l’envoyer sur un champ de bataille, autant dire qu’on veut le tuer (dixit himself). Il sera hautain, sûr de lui jusqu’au bout, voire même têtu comme un âne comme certains qui vont même jusqu’à bouder comme des gosses quand on leur affirme pour la Nième fois que leur vision du monde est quelque peu faussée par des médias omniprésents et omnipotents.

 

 

 

Leurs requêtes sont parfois tout ce qu’il y a de plus inadapté du style :

- « Je souhaiterai un hôtel confortable avec jacuzzi et si possible une piscine extérieure. Ah et un king size serait le bienvenu si un tel confort est disponible dans l’hôtel que vous me proposez. »

A quoi on est obligés de répondre (c’est notre travail d’être honnête avec les clients) :

- « Monsieur je suis désolé mais lors de ce voyage dans l’Himalaya indien, il n’existe aucune possibilité d’hébergement de ce style à moins de redescendre sur Katmandu. »

Ce à quoi il s’empresse de répondre :

- « Mais alors pourquoi est-ce que je paie aussi cher ce voyage ? »

- « Monsieur vous m’en voyez réellement navré mais le prix de ce voyage tient dans l’exceptionnelle situation géographique où vous vous rendez : ce sont des régions reculées et, pour pouvoir y accéder, nous avons besoin d’un permis spécial extrêmement coûteux que le Consulat Indien à Paris ne délivre qu’au compte-gouttes. Le guide qui vous accompagne depuis Paris est, de plus, un alpiniste chevronné et un spécialiste du Népal et du Tibet et ses explications et conseils vous seront je pense tout à fait constructives et intéressantes. »

 

 

 

Je vous épargne où l’on se fait traiter de tous les noms mais où le client la plupart du temps vous confirme son inscription et vous tend d’un air dédaigneux (de quelqu’un qui donnerait une pièce de 2cents à un clodo dans la rue) sa Carte Premier pour le paiement de l’acompte.

 

 

 

A la suite de tels entretiens j’ai décidé de tenter par tous les moyens d’orienter ma recherche de poste plus dans le cadre du tourisme d’aventure genre trekking du style Terres d’Aventures ou Atalante, bien que ce dernier soit l’apothéose de ce qui se fait de mieux en France et paraît-il leurs vendeurs ont tous fait un voire plusieurs tours du monde en solitaire. Il n’y a que les vrais baroudeurs qui ont une chance selon mes sources de pénétrer la sacro-saint hall d’entrée d’Atalante.

 

 

 

On verra bien, en attendant une agence VDM, Terdav ouvre à Bordeaux derrière les allées de Tourny au printemps, je vais dès à présent aller montrer ma gu**** ici à Paris à la maison mère, on sait jamais des fois que je leur plaise ce serait trop cool comme premier boulot, vendeur chez Terdav chez moi à Bordeaux. Ce qui m’éviterait le désagréable déplacement sur Paris et son stress ambiant oppressant.

 

 

 

Il faut que je vous laisse je vais aller manger un ptit quelque chose à la Youg (enfin bon la youg est parti mais depuis le chti nom est resté) où l’on mange ma foi plutôt bien et pour pas bien cher : 10,90 € pour un menu complet en plein 2eme arr. ça me paraît à moi le provincial éberlué par les prix de Paname une offre intéressante et à saisir sur le champ, au risque de devoir débourser 4 € en plus de mon ticket resto mais bon j’en aurai pour mon argent, tout est fait sur place et les plats changent quasiment tous les jours.

 

 

 

Voili voilou voila,

Je m’en vas.

 

 

 

Matt

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Publié dans Diary

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