En rangs d'oignons sur les chaises uniformément bleu métallique, les regards tournés à l'unisson vers la pièce d'à côté, ils sont une demi-douzaine à attendre. A l'intérieur, un homme est
agenouillé au-dessus d'un mannequin sans bras ni jambes, les bras tendus, compressions thoraciques en progression. Quatre yeux l'observent à moins de deux mètres.
Inquisiteurs, pointilleux, les deux visages impassibles vont et viennent du stylo et du commentaire, argumentant la bonne méthode, critiquant les petites imperfections. La moindre coquille dans
la procédure leur sautera aux yeux, rodés comme ils sont à observer ce genre d'exercice. Les murs de verre laissent passer l'image mais le son leur reste interdit. Ils peuvent voir la sueur se
former sur le front et sous les aisselles de l'homme agenouillé. Ils perçoivent légèrement son tremblement lorsqu'il prend le pouls ou prépare son plateau. Lui est dans un autre monde.
Au moment où il est entré dans la pièce de verre aux fauteuils Business Class, il s'est décomposé. Au premier abord il avait paru sûr de lui, précis dans ses mouvements, puis peu à peu ses gestes
avaient été plus précipités, il omettait des détails cruciaux et des phrases clés. Quarante-cinq minutes de calvaire, autant pour lui que pour ceux qui attendent patiemment leur tour dans la
pièce d'à côté. Après un court dé-briefing post-apocalyptique, l'homme ressort, soulagé. Que sa note aie été bonne ou mauvaise, il se sent mieux, libéré d'un poids considérable.
Tous y passeront, y perdront deux litres de sueur et trente pour cent de leurs capacités, feront tressauter les plateaux de matériel médical sur leurs genoux, s'y reprendront à quinze fois pour
arriver à prendre une tension; bref tous tenteront leur chance. Une chance d'accéder à l'examen final, où les quatre yeux dans la pièce de verre ne seront plus ceux de ces professeurs que l'on
connaît, qui vous conseillent et vous rassurent. Le jour J, ceux-là seront sans pitié, le visage froid et le commentaire rare. A nous de ne pas trembler et de conserver nos moyens.
2
Les beaux jours sont bel et bien là. Le soleil et les nuages sont encore en froid mais bientôt un ciel bleu recouvrira la France, repoussant la grisaille vers l'Est. Avec les premiers rayons du
soleil, on change nos habitudes, on remet au placard cardigans et duffle-coats. Bottes et escarpins se disputent les faveurs des jambes de ces dames et ces messieurs décapotent leurs coupés et
sortent leurs Ray Ban.
La chaleur échauffe les esprits et aux carrefours parisiens les jurons vont bon train, les accents se mélangent et nous rappellent sans cesse que la ville est un étrange métissage, du Maghreb aux
confins de l'Orient, d'Arras à Fos-Sur-Mer. Les jupes se font plus courtes, les tongues refont leur apparition. les orteils sous les UV s'écartent de bonheur et les parcs regorgent alors de corps
étendus à la pause déjeuner. Sandwicheries et vente à emporter font leur chiffre de l'année: qui voudrait par un temps pareil s'asseoir dans le noir.
Phénomène étrange, quand sonne midi, on choisit les bancs à l'ombre, comme pour se réfugier d'un soleil que l'on a attendu tout l'hiver. Prélassés dans l'herbe sous l'écrasante lumière du soleil
au zénith, les adolescents, eux, se chamaillent et essaient d'oublier qu'il leur reste encore une semaine de cours. Leur esprit déjà en vacances efface inconsciemment le gris de la ville et
s'imagine à Tel Aviv, Tanger, La Baule ou Ste Maxime.
Les odeurs de marché, fruits et légumes de l'été répandus sur les étals soigneusement rangés, parfument les trottoirs de la capitale de leurs fragrances sucré-salé. Pêches, brugnons, cerises,
abricots, tomates, melons, pastèques; on en salive rien qu'à aller chercher le journal, et au retour vous pouvez être sûr de céder à la tentation si sur la monnaie qu'il vous reste vous avez
assez pour ne serait-ce qu'une poignée de cerises. Et c'est déjà le Sud rien que par le vendeur. Son accent qui roucoule sous le palais et sa manière de négocier, le plaisir de servir et le
sourire comme marque de fabrique. On se croirait à Sanaa ou Amman dans ces orangeraies urbaines où ça sent bon le thé à la menthe et le tabac à la rose.
Un été parisien, coincé dans les bouchons, c'est une autre histoire. Je n'en sais pas plus, je suis plutôt métro.
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Last trip out of France for the pregnant wife and myself. Ireland it is. David agreed to guide around and drive (a lot actually) endless hours on the windy roads of his beautiful
country.
From the stunning wilderness of the Cliffs of Moher or Killarney National Park, through the quiet sunny beaches of Ballybunnion to the crazy Guinness-filled Temple Bar district of old Dublin, we
had ten days to relax, enjoy and discover how those people live and laugh, how public houses are like a religion and so forth.
The landscape, with its loughs (lakes), its sheep, cattle, was breath-taking even if Caroline had some bad motion-sickness moments. The narrow roads, livestock crossings, tractors where a delight
for our hairy driver Dave. We were too broke to go for the real salmon-based main course and opted for a really good fish-and-chips from our guest' sister's shop. Spicy as I like it, greasy as
needed when in such cold climate. Actually we were quite lucky with the climate, sun and heatwaves coming straight from the Caribbean illuminating our stay until our arrival in Dublin where it
poured rain the whole Saturday. But Sunday was... dry I would say... windy and cold and grey but rainless.
We had to go and walk around Temple Bar. We did. But not being huge fans of Guinness or any beer, we were quite unhappy. But, considering someone has money, time and a longing for female company
and loud music and tourists and junk food and taxi drive back to the hostel, it is the place to be in Dublin I guess.
Pictures of our trip on Caroline's FB page.
See you guys soon.
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