Va-et-vient
On est vendredi. Comme toutes les semaines les valises roulent dans la rue en direction du tram bordelais. La résidence étudiante voisine se vide pour le week-end. Ils habitent le Pays Basque, la Dordogne, Toulouse, Paris, la Vendée. De partout ils déboulent, tels des pèlerins, des migrants à roulettes. Tirant derrière eux leur valise, portant sur leur dos leur sac à dos, ils s'en vont dès le vendredi matin pour ceux qui n'ont pas cours ce jour-là, le vendredi soir pour les autres. Faire leur lessive, participer à des repas de famille, raconter leur semaine bordelaise, regagner le cocon familial.
Les trains vont se remplir de cette transhumance hebdomadaire. Des voitures vont se presser dans les gares de campagne, des parents heureux vont retrouver leurs enfants chéris partis étudier au pays du cannelé, des frères et soeurs vont sauter dans les bras de ces expatriés d'un temps. Un défilé de visages fatigués, téléphone accroché à l'oreille, leur chéri(e) au bout du fil, les rassurant: oui ils seront là dès ce soir. Certains voyagent en bande, s'étant rendus compte au début de l'année qu'ils partageaient le même banc à la fac et le même train le vendredi et le dimanche soir. Covoiturage, papotage, échange de bons conseils. On parle des cours, des profs, des soirées étudiantes, des garçons, des filles, de tout et de rien.
Toute la journée la valse continue, les jeunes s'accumulent aux feux rouges, leur carapace derrière eux, leur vie pour deux jours concentrée dans un sac de voyage. Ils reviendront le dimanche soir ou le lundi matin pour les chanceux qui n'ont pas cours le lundi, souriants, heureux d'avoir pu rentrer un week-end dans leur région d'origine. Et les cours reprendront, la routine du tram, des amphis, des cours magistraux ou des TP en labo. Ils n'ont pas de berger, ces migrants-là, juste un agenda où est écrit: "Vendredi 19h30, TGV n°8767 Voiture 2 place 43, Bordeaux-Agen".
Les trains vont se remplir de cette transhumance hebdomadaire. Des voitures vont se presser dans les gares de campagne, des parents heureux vont retrouver leurs enfants chéris partis étudier au pays du cannelé, des frères et soeurs vont sauter dans les bras de ces expatriés d'un temps. Un défilé de visages fatigués, téléphone accroché à l'oreille, leur chéri(e) au bout du fil, les rassurant: oui ils seront là dès ce soir. Certains voyagent en bande, s'étant rendus compte au début de l'année qu'ils partageaient le même banc à la fac et le même train le vendredi et le dimanche soir. Covoiturage, papotage, échange de bons conseils. On parle des cours, des profs, des soirées étudiantes, des garçons, des filles, de tout et de rien.
Toute la journée la valse continue, les jeunes s'accumulent aux feux rouges, leur carapace derrière eux, leur vie pour deux jours concentrée dans un sac de voyage. Ils reviendront le dimanche soir ou le lundi matin pour les chanceux qui n'ont pas cours le lundi, souriants, heureux d'avoir pu rentrer un week-end dans leur région d'origine. Et les cours reprendront, la routine du tram, des amphis, des cours magistraux ou des TP en labo. Ils n'ont pas de berger, ces migrants-là, juste un agenda où est écrit: "Vendredi 19h30, TGV n°8767 Voiture 2 place 43, Bordeaux-Agen".
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