Caillous et caillettes
Ils sont distingués comme des poissonniers de village gaulois irréductibles, elles sont féminines comme des matronnes ukrainiennes. Ils hantent les halls, elles déambulent dans les squares des mêmes cités HLM.
Un caillou ne se déplace jamais seul ou s'il le fait, c'est tête basse et langage des grands jours. Jean ou jogging rentré dans les chaussettes, casquette vissée sur la tête, boucle ou collier, or ou argent, signes ostentatoires de prétention. L'agression comme mode de communication, la violence comme mode d'expression. Un musique digne d'une batterie de cuisine mise en mouvement, des modes vestimentaires uniformisées par les clips de rappeurs américains, une image de la femme ramenée au strict minimum... le mépris.
La caillette, elle, traîne aussi en bande, s'habille plus ou moins de la même manière, a elle aussi les yeux cachés par la visière de sa casquette, les chaussettes par-dessus le jean sont blanches ou roses au lieu d'être noires, le maquillage est lourd et tient chaud l'hiver, les boucles d'oreilles pendantes remplacent les faux diamants des garçons.
Mépris, violence et agression règnent de la même manière que chez leurs camarades musqués. Manque de considération, système scolaire à la dérive, noyau familial éclaté et environnement dégradé, rien ne les aide aussi il faut dire, à remonter la pente et sortir de là.