Salle d'attente
On est tous plus ou moins là pour la même chose. Hommes et femmes, enfants. Sur la table basse, des piles de magazines écornés lus et relus par les patients de passage. Elle et Cosmo, Santé Magazine et un ou deux numéros de Géo ou National Geographic. Les chaises le long du mur ne se ressemblent pas. certaines ont des accoudoirs, certaines sont molles et confortables, leur cuir élimé, d'autres, métalliques, vous rentrent dans les chairs. Une musique d'ambiance ou une télévision allumée sur la chaîne Shopping rendent l'atmosphère étrange.
Les gens échangent des regards, des sourires gênés, des bonjours timides ou au contraire retentissants. Bouillon de culture des maladies réelles ou imaginaires, les salles d'attente des médecins abondent de mamans inquiètes, de maris impatients, des hypocondriaques en mal de diagnostics farfelus, des abonnés à leur pharmacie. On feuillette machinalement le premier magazine qui nous tombe sous la main ou, si l'on est du genre aventurier, on remue la pile anarchique pour dénicher le Nouvel Obs d'il y a deux ans où les informations non seulement datent mais sont carrément obsolètes voire erronées. Et on attend. on est là pour ça après tout.
Rendez-vous disons à quinze heures. On peut être sûr d'attendre au moins une bonne demi-heure voire bien plus s'il s'agit d'un spécialiste ou un chirurgien par exemple. Alors on tue le temps comme on peut. Si on a la chance d'être venu à deux alors on discute de tout et de rien. Sinon on a le choix entre lectures inintéressantes, mettre à jour son PDA, faire le tri dans ses contacts sur son téléphone, jouer au serpent ou Tétris sur ce même téléphone. Les habitués auront amené un livre. Je ne suis pas un habitué. Je fais donc tout le reste, un à un. Au bout d'une heure et demi d'attente on se demande si on a vraiment une bonne raison d'être là. Est-on vraiment malade à ce point, est-ce réellement si urgent?
Les plus aguerris au contact social tenteront une approche amicale vers un voisin de siège. Qui s'y risque s'y pique, c'est rare que ça fonctionne sinon le traditionnel: "Moi j'avais rendez-vous y'a une heure et vous?" Question dont la réponse sera vraisemblablement évasive et courte du genre "Y'a une demi-heure". Dans sa tête le voisin se dira (s'il n'ya qu'un seul praticien raison de plus) qu'il n'a probablement aucune chance de passer avant un bon bout de temps encore. Les enfants jouent avec les jouets mis à leur disposition, enfin ceux qui restent vu que leurs prédécesseurs auront emporté à la maison ou dans leur cartable ou dans le sac de maman tel ou tel jeu, pièce de puzzle, bloc de Duplo, tel Playmobil. Quelqu'un s'est d'ailleurs posé la question de savoir s'ils lavent des fois ces jouets pour jeunes enfants ou si les microbes circulent là comme autant de combattants libres de l'insalubrité?
Personnellement quand je peux j'évite les médecins ou alors si vraiment je suis mourant, que mes dents m'empêchent de manger, que des pustules me poussent sur le visage. Et dans telle éventualité, je prends rendez-vous en début de journée ou en début d'après-midi, histoire d'éviter le très désagréable séjour prolongé en salle d'attente. Parce que se réveiller à l'appel du médecin ou de sa secrétaire, les cheveux en bataille et la gueule enfarinée, très peu pour moi, surtout si pendant ma sieste l'épaule du voisin de droite me servait d'oreiller. voisin terriblement gêné qui n'émettra qu'un discret "Je ne voulais pas vous déranger" pour expliquer son manque de réaction quant à votre tête barbue défraîchie et malade délicatement vautrée sur son pull Lacoste.
En salle d'attente de manière générale c'est réunion de quartier, lecture féminine périmée, ambiance musicale du plus mauvais goût (au moins ça fait le même effet à tout le monde, pas la peine de penser à plaire à certains), et attente interminable. Comme quoi on devrait tous faire comme les milliardaires: avoir son propre médecin. Ce serait lui qui patienterait sagement dans votre entrée, perché sur un tabouret de bar, l'écran plasma de deux mètres sur trois diffusant chasse et pèche en continu, une pile de Famille Chrétienne sur le guéridon, attendant patiemment qu'on daigne l'appeler. Rien que pour ça, ce que j'aimerai être monstrueusement riche!
Les gens échangent des regards, des sourires gênés, des bonjours timides ou au contraire retentissants. Bouillon de culture des maladies réelles ou imaginaires, les salles d'attente des médecins abondent de mamans inquiètes, de maris impatients, des hypocondriaques en mal de diagnostics farfelus, des abonnés à leur pharmacie. On feuillette machinalement le premier magazine qui nous tombe sous la main ou, si l'on est du genre aventurier, on remue la pile anarchique pour dénicher le Nouvel Obs d'il y a deux ans où les informations non seulement datent mais sont carrément obsolètes voire erronées. Et on attend. on est là pour ça après tout.
Rendez-vous disons à quinze heures. On peut être sûr d'attendre au moins une bonne demi-heure voire bien plus s'il s'agit d'un spécialiste ou un chirurgien par exemple. Alors on tue le temps comme on peut. Si on a la chance d'être venu à deux alors on discute de tout et de rien. Sinon on a le choix entre lectures inintéressantes, mettre à jour son PDA, faire le tri dans ses contacts sur son téléphone, jouer au serpent ou Tétris sur ce même téléphone. Les habitués auront amené un livre. Je ne suis pas un habitué. Je fais donc tout le reste, un à un. Au bout d'une heure et demi d'attente on se demande si on a vraiment une bonne raison d'être là. Est-on vraiment malade à ce point, est-ce réellement si urgent?
Les plus aguerris au contact social tenteront une approche amicale vers un voisin de siège. Qui s'y risque s'y pique, c'est rare que ça fonctionne sinon le traditionnel: "Moi j'avais rendez-vous y'a une heure et vous?" Question dont la réponse sera vraisemblablement évasive et courte du genre "Y'a une demi-heure". Dans sa tête le voisin se dira (s'il n'ya qu'un seul praticien raison de plus) qu'il n'a probablement aucune chance de passer avant un bon bout de temps encore. Les enfants jouent avec les jouets mis à leur disposition, enfin ceux qui restent vu que leurs prédécesseurs auront emporté à la maison ou dans leur cartable ou dans le sac de maman tel ou tel jeu, pièce de puzzle, bloc de Duplo, tel Playmobil. Quelqu'un s'est d'ailleurs posé la question de savoir s'ils lavent des fois ces jouets pour jeunes enfants ou si les microbes circulent là comme autant de combattants libres de l'insalubrité?
Personnellement quand je peux j'évite les médecins ou alors si vraiment je suis mourant, que mes dents m'empêchent de manger, que des pustules me poussent sur le visage. Et dans telle éventualité, je prends rendez-vous en début de journée ou en début d'après-midi, histoire d'éviter le très désagréable séjour prolongé en salle d'attente. Parce que se réveiller à l'appel du médecin ou de sa secrétaire, les cheveux en bataille et la gueule enfarinée, très peu pour moi, surtout si pendant ma sieste l'épaule du voisin de droite me servait d'oreiller. voisin terriblement gêné qui n'émettra qu'un discret "Je ne voulais pas vous déranger" pour expliquer son manque de réaction quant à votre tête barbue défraîchie et malade délicatement vautrée sur son pull Lacoste.
En salle d'attente de manière générale c'est réunion de quartier, lecture féminine périmée, ambiance musicale du plus mauvais goût (au moins ça fait le même effet à tout le monde, pas la peine de penser à plaire à certains), et attente interminable. Comme quoi on devrait tous faire comme les milliardaires: avoir son propre médecin. Ce serait lui qui patienterait sagement dans votre entrée, perché sur un tabouret de bar, l'écran plasma de deux mètres sur trois diffusant chasse et pèche en continu, une pile de Famille Chrétienne sur le guéridon, attendant patiemment qu'on daigne l'appeler. Rien que pour ça, ce que j'aimerai être monstrueusement riche!
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